Adecco change une nouvelle fois d’assureur

Mutuelle et Prévoyance : quelles conséquences?

Pourquoi changer ? Face au Covid 19, le gouvernement a sollicité les assureurs en les taxant via la création d’une nouvelle taxe. La majorité des assureurs ont fait le choix de faire contribuer leurs cotisants. Adecco a estimé que cette hausse n’était pas justifiée et a profité de l’opportunité pour lancer un appel d’offres.

A compter du 1er janvier 2021, notre nouvel assureur sera AXA. Pas de démarche pour les salariés puisque cela est géré par Mercer, courtier d’Adecco.

Comme d’habitude, les élus n’ont pas été sollicités ni consultés pour donner avis sur les garanties qu’il nous semblait important de conserver !! Non, le CSE Central n’est perçu que comme une chambre d’enregistrement, or nous représentons les salariés et connaissons vos priorités. Pour se justifier puisqu’il n’y a pas là d’obligation en la matière de nous solliciter, Adecco nous rassure en faisant prévaloir que leur objectif était de ne pas voir nos cotisations ni les leurs augmenter !

Ce qui nous interpelle en tant qu’élus mais également en tant qu’utilisateurs de la mutuelle et la prévoyance. Voici notre analyse :

Sur la mutuelle : Notre régime de frais de santé est à l’équilibre, c’est-à-dire que nous ne consommons pas plus que nous ne cotisons. Jusque-là, c’est parfait, nous pouvons affirmer que nous utilisons notre mutuelle de façon responsable. Notre nouvel assureur nous garantit un maintien des taux jusqu’au 31 décembre 2022. En plus des garanties que nous avions, Adecco se targue d’avoir réussi à nous rajouter de nouvelles prestations :

  • Prise en charge de la cure en thalassothérapie de 5 jours max (450 euros par an).
  • Prise en charge de patch anti-tabac à hauteur de 50 euros par an.
  • Lits accompagnants pour un enfant de -16 ans au lieu de 12 ans auparavant.
  • Transport médical couvert à 50% au lieu de 30 %.
  • Prise en charge de l’homéopathie remboursée à hauteur de 30 euros par an.

Sur la prévoyance : Adecco se veut rassurant, notre nouvel assureur nous garantit un maintien des taux jusqu’au 31 décembre 2023 ! A priori nous ne serions pas à l’équilibre bien au contraire puisque nous sommes à +140% ce qui signifie que nous consommons bien plus que ce que nous cotisons. Mais attention il s’agit là de données groupe car le contrat porte sur le groupe et non Adecco France, à partir de là, nous serions curieux de connaitre notre taux réel Adecco France. Pas de réponse, vous l’aurez compris. De fait, on peut s’interroger ! Pour Adecco France, sommes-nous vraiment en déficit ou nous pâtissons de ce qui se passe dans les autres BU du groupe ?

La fait que la cotisation soit bloquée sans être augmentée est un grand argument qui n’est pas négligeable mais en échange de cette garantie de maintien, nous subissons un effondrement de la prévoyance. Si nous avions voulu le maintien de nos garanties actuelles sur la prévoyance, nous aurions dû subir une augmentation de 30 %, chose qu’Adecco trouve inacceptable car sa participation à employeur s’élèverait à +1,5 millions d’euros.

Adecco considère qu’il ne faut pas voir cela comme une baisse des garanties mais plutôt comme un ajustement. Nous aurions tendance dans ce cas à dire qu’il s’agit d’un ajustement par le bas et comme à son habitude Adecco est dans la stratégie du moins disant. A priori c’est le poste maladie qui est le plus déficitaire. Croyez-vous que les salariés fassent exprès de surconsommer ? Si nous faisons appel à la prévoyance c’est par nécessité, on ne prend pas des arrêts de complaisance !

Alors allons plus loin, s’il y a un problème au niveau de la maladie, posons-nous les bonnes questions, pourquoi y-a-t-il tant d’arrêts ? Les salariés se sentent-ils bien au travail ? Si on suit la logique du moins disant chez Adecco, ne peut-on pas craindre à l’avenir la suppression de la prise en charge de nos 3 jours de carence ?

Les salariés cadres sont la catégorie qui est le plus impactée puisqu’à cotisations égales, ils perdent le bénéfice de la rente viagère accordée au conjoint en cas de décès ! La prévoyance c’est comme une assurance c’est quand nous la sollicitons que nous savons si nous avons fait les bons choix :

  • Suppression de la rente de conjoint viagère (dispositif qui était réservé jusque-là aux cadres uniquement)
  • Baisse de la rente d’éducation qui passe de 15% à 12% jusqu’au 18 ans de l’enfant
  • Baisse de la rente d’éducation qui passe de   % à 15 % pour un enfant scolarisé de 18 à 25 ans.
  • En cas d’arrêt de travail pour maladie, participation sur le salaire à hauteur de  80% contre 85% actuellement
  • En cas d’arrêt pour accident du travail ou maladie professionnelle, participation sur le salaire à hauteur de 90%
  • En cas d’invalidité, l’indemnisation pour la 1ere catégorie passe de 60% à 48 % et pour les 2et 3ème catégorie, le taux d’indemnisation passe à 80%

Et pour terminer, après Psya, Stimulus, Rehalto, maintenant ce sera le dispositif Angel !

L’UNSA regrette qu’Adecco n’implique pas davantage les partenaires sociaux dans leurs prises de décisions.